Ces tableaux ne sont certainement pas une découverte pour vous, mais je vous propose de les regarder sous un oeil neuf.

Mais tout d'abord, laissez moi vous présenter ces oeuvres, et le contexte dans lequel elles ont été faites :

Comme pour la gare Saint Lazare, Monet a effectuer toute une série de tableaux sur les Nymphéas....(des nénuphares quoi).

On peut voir les plus grands de ces tableaux au Musée de l'Orangerie (huit grands paneaux plus une cinquantaine de tableaux -Jardin des Tuileries - Paris).



En 1883 Claude Monet loue une maison à Giverny,en Normandie. Il y séjournera 43 ans, jusqu'à sa mort en décembre 1926. En 1890, il acquiert la maison et, dans son jardin, fait creuser un bassin où il cultive, dans "un but de motifs à peindre" des nénuphars blancs. C'est sur ce thème qu'il va entreprendre la plus grande série qu'il ait jamais peinte. Plus qu'une simple série d'ailleurs, comme celles des Cathédrales de Rouen ou des Peupliers, les Nymphéas constituent un véritable cycle comptant près de 250 toiles de conceptions et de formats divers.

Le cycle des Nymphéas occupa le peintre au cours des trente dernières années de sa vie et aboutit au grand ensemble décoratif qu'il offrit en 1922 à l'Etat français et qui fut installé sur ses directives au musée de l'Orangerie.

"...Sachez que je suis absorbé par le travail. Ces paysages d'eau et de reflets sont devenus une obsession. C'est au-delà de mes forces de vieillard, et je veux cependant arriver à rendre ce que je ressens..." (Lettre de Monet à Geoffroy, 11 août 1908).

Evidement, je ne pourrais pas vous montrer toutes ces oeuvres.... Mais en voici un petit apperçu :

(1897)

(1906)

(1908)

(1910)

(1914)

(1915)

(1916-1919)

Je vous propose le regard d'un enfant, mon regard vers sept ou huit ans....<br>


(paneau peint entre 1917 et 1920)

C'est une habitude que mon père avait prise lorsque nous allions voir ma grand-mère à Paris depuis que je suis née. Il m'emmenait voir des tableaux au musée.

Du landau où je ne voyais que le plafond, je suis passée à la poussette où je ne pouvais pas bouger, puis enfin sur mes deux jambes j'ai parcouru tous les musées, de pièce en pièce, de tableau en tableau....Jusqu'au jour où nous sommes rentrés à l'Orangerie !

Ce bâtiment me paraissait petit vu de l'extérieur et surtout à côté du Louvre où nous allions chaque jour, mais lorsque nous sommes rentrés, quelle lumière ! Des murs tout blancs avec des toiles immenses, grandes comme des buldings dans mes yeux d'enfant ! Et quelles toiles, quelles couleurs.
Je fût littéralement subjuguée, sans voix, sans bras ni jambes....

Nous avons passée l'après-midi entier là, à regarder chaque détail, de près, de loin, sans un mot...mon père respectait ça.

Je ne saurais vous en dire plus sur ces tableaux monumentaux, mon coeur en est toujours tout retourné rien que de penser aux sensations dans ma tête à cette époque. Mais je vous souhaite de les connaître, car c'est du bonheur pur.

Je ne suis jamais retourné voir ces tableaux à l'Orangerie, la magie était trop forte. Peut-être un jour, avec mes enfants, qui sait.

Je n'ai appris l'histoire de l'art que bien plus tard, mais je connaissais tout ces tableaux, sans savoir leur donner un titre ou même le nom des artistes bien souvent, mais ils étaient tous là, dans mon coeur d'enfant.

ps : c'est en écrivant cet article que je viens de comprendre pourquoi j'aime tant le japonisme....car ces oeuvres sont bien évidement influencées par l'art de l'estampe japonais.
@+
Aëlore